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1. « La porte du métis » par Franck Delbruel et Oumar N’Diaye (Xosluman)
anciennement: « La porte » par Agnès de Cayeux et Oumar N’Diaye (Xosluman)
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« Ma première réflexion est de dire qu’une maison aussi belle soit-elle n’aura pas la valeur escomptée sans ses portes. Une porte ouverte est celle de l’espoir et des rencontres ; fermée, elle est celle de la solitude et des désillusions. Elle est bien à la base de toutes choses qui se créent, fructifient et disparaissent. Dans notre cas, le projet « Correspondances », travailler sur ce thème ne sera qu’une suite logique de cette porte, qui est déjà ouverte entre deux continents par deux de leurs habitants. Par la magie d’Internet, nous tenterons certainement d’élargir les espaces, de redorer le blason, si besoin en est de partager, d’échanger, d’installer nos idées, de franchir les paliers de l’incertitude et de la différence du je et du moi pour ouvrir ensemble la porte de la quiétude, du caché et de l’intime du beau et de la perdition personnelle du tabou et des fantasmes, du délire et de l’exhibition; qu’à cela ne tienne, pour tous les visiteurs et pour tous les voyeurs, profanes comme initiés, nous aurons surtout une certaine volonté de vouloir vivre une aventure commune dans la savane si complexe de la création artistique. Pour le projet « Correspondances », à la fin, on pourra dire : oui c’est possible et nous l’avons réussi. » Xosluman.

« REWRITING XOSLUMAN »
Projet de réécriture réseau.
Le dispositif de création est le suivant: Xosluman, artiste sénégalais, adresse ses créations - visuelles, musicales et textuelles - à Agnès de Cayeux, artiste française.
Lui a choisi un thème d'inspiration: la porte du 3e millénaire.
Elle reçoit les créations et s'empare de ses éléments constitutifs. Elle réécrit l'objet librement.
Le premier objet a été adressé le vendredi 2 juillet 2004 par Xosluman. Il s'agit d'une animation visuelle, musicale et textuelle, qui porte le nom de "Omar".



2. : « Les couleurs de la ville » par Jacques Perconte et Roger Djiguemde
anciennement: par Jacques Perconte et Serge Mienandi
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« Couleurs », Paris / « M'pémpba », Dakar

Quelle correspondance établir entre nous, sur quel mode installer un dialogue ? Finalement, plutôt qu’entre nos deux sociétés, nous préférons laisser notre rencontre s’installer autour de nos pratiques et de nos cultures, entre nous deux: sans discours, sans comparaison ni jugement. D’une façon toute naturelle, nous aimerions profiter de cette correspondance pour nouer un dialogue pictural.

Ce projet d’une rencontre articulée sur deux voyages, qui nous amèneront à découvrir la ville de l'autre, se concrétisera dans la réalisation de films. En glanant des impressions, des mots, des images ou des sons autour de Paris et de Dakar, nous fabriquerons une collection de scènes. Nous imaginerons deux films où viennent se rencontrer deux approches, extrêmement différentes, du paysage et de la matière de l'image. Une rencontre entre la peinture et la vidéo numérique. Une rencontre entre des techniques naturelles, gestuelles, et une vision digitale où le pinceau et la toile sont devenus des objets virtuels.

Nous aimerions travailler sur la couleur, étudier les ambiances, nous servir de l'image, pour raconter ce que nous ne pouvons pas décrire avec des mots et rester simplement dans cet échange entre nos différences et nos ressemblances, entre nous, entre les espaces dans lesquels nous vivons.
Nous voudrions vivre ces échanges et ces voyages comme deux peintres à qui s'offrent aussi d'autres outils que le pinceau et le chevalet pour saisir les paysages qu'ils rencontreront. Dans une tradition de la peinture, nous voudrions concrétiser ces correspondances dans quelques paysages...

Le premier film, sur support vidéo (DVD), mettra en scène un voyage à travers nos villes et notre rencontre. Le second, sur Internet, sera l’illustration d’un carnet de notes: une suite de courtes séquences vidéo, accompagnées de petits textes que nous voulons poétiques.



3. « Traqueur de moustiques » par Victor Vina et Henri Sagna
anciennement : par Jean-Pierre Aubé et Henri Sagna
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Henri Sagna et Jean-Pierre Aubé travaillent de concert à la réalisation d'un projet d'art environnemental autour des insectes, et plus spécifiquement des moustiques.

Jean-Pierre Aubé a réalisé de petits robots-insectes, qu’on appelle "BEAM", sigle pour: Biologie, Electronique, "Aesthetics" (Esthétique) et Mécanique. Ils furent inventés par Mark Tilden en 1990. Ces robots utilisent la nature comme modèle, et plus particulièrement les insectes. Ils sont énergétiquement autonomes, utilisent des cellules photohalviques et sont fabriqués à partir de pièces de récupération, telles que des moteurs de baladeurs ou des cellules photoélectriques de calculatrices. De plus, ils n'ont pas de programme informatique : ils sont construits à l'aide d'un système logique composé de quelques transistors. La qualité esthétique des robots est importante et garantit leurs performances, tout comme la simplicité de leur apparence. D'un point de vue mécanique, là encore la simplicité est de mise : ni roues ni engrenages.

Les "Beam" sont conçus pour effectuer une tâche unique, par exemple: trouver une source lumineuse (phototropisme), s'orienter grâce au champ magnétique terrestre, ou encore suivre une fréquence audio. Ces petits objets ont un comportement et des performances impressionnantes : une expérience dans un désert des Etats-Unis a démontré que ces robots pouvaient survivre plusieurs années et parcourir des dizaines de kilomètres. Et de tels robots ne coûtent que quelques euros!

Puisque leur réalisation est très peu coûteuse, les insectes-robots peuvent être construits par dizaines. Le projet consiste à en réaliser une cinquantaine à partir de matériaux récupérés à Dakar, et à leur greffer un senseur sonore, au caractère répulsif anti-moustique. Il s'agit d'induire un mouvement chez ces robots et leur faire acquérir des comportements qui copient ceux des insectes réels.

Henri Sagna est diplômé de l'École Nationale des Beaux-Arts de Dakar, option Environnement. Sa réflexion et ses recherches sont basées sur le moustique, vecteur du paludisme, maladie parasitaire qui fait des ravages dans certaines régions du monde (bien plus que le SIDA). Afin d'éveiller les consciences et de sauver des vies humaines, il réalise une représentation sculpturale des moustiques, dont la base est une bouteille, associée à divers matériaux comme le tissu, le fil de fer, etc. Il souhaite dans sa pratique artistique se joindre à Jean-Pierre Aubé pour concevoir et réaliser de petits objets mobiles de manière à intervenir dans le champ des recherches environnementales, notamment en prenant pour cible les problèmes virologiques posés par la prolifération des insectes en Afrique.



4. « La poussière » par Julie Morel et Charles Seck
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La poussière, un résidu de fines particules en suspension.
La poussière est légère, fragile mais tenace, elle s'accroche partout, dès que le vent la soulève. En arabe, poussière se dit: « Afrikia ». Que reste-t-il de l'Afrikia, où en est-elle aujourd'hui? Voilà la première question posée et Charles y a répondu par sa performance "Nous irons prier sur leur tombes" - un hommage à "nos" morts et à toutes les victimes des guerres qui déchirent le continent africain. De son installation-performance, enregistrée sur CD, Julie a retenu la fragilité, la lumière si particule(ière) du Sénégal. Elle propose à son tour une performance en deux temps: un artefact qui prendra la forme d'un vêtement, "un habit de poussière"; cet habit, entièrement fait de poussière, tombe en poussière, est un habit transparent...
Cet habit sera scanné et servira de départ au tissage du travail entre les deux artistes. Ce tissage prendra la forme d'un site Internet. Ainsi, les particules de poussière numérisées deviendront des pixels, un écran pour les images et récits échangés sur le site. Le but est de réaliser une superposition d'écrans, de s'intéresser à ce que la poussière, en surface, révèle de la profondeur. Cette fois encore, le rôle de l'artiste est ainsi défini: "Ask the Dust" ("Demande à la poussière", un ouvrage de John Fante).

dernière mise à jour mardi 18, avril, 2006
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